Ivana
Zdravkovic

Photos par Andrej Isakovic, propos recueillis par Mina Pejakovic et Camille Bouissou
1
Dans une même journée, tu vas au travail, tu fais ta journée là‑bas, et quand tu rentres à la maison, le travail continue.
La lessive, le repassage, la cuisine, passer l’aspirateur, faire la poussière… tout ce que font les femmes, en réalité.
Je dirais que toutes les femmes sont très spéciales, dans tous les sens du terme. Et puis tous les parents — surtout les mères — veulent toujours montrer leur meilleur visage à leurs enfants, être un exemple pour eux.
Alors moi aussi, j’ai accepté des boulots plus durs, plus difficiles. Pour mon fils, bien sûr, mais aussi comme un message de soutien à toutes les femmes : pour qu’elles ne se disent pas qu’il y a des choses qu’elles ne peuvent pas faire.
2
Et puis je suis une femme très naturelle. Pourquoi je dis ça ?
Parce que quand tu regardes quelqu’un — un éboueur qui nettoie les rues, un professeur, un directeur, n’importe qui — tu te rends compte que la manière dont tu le vois dépend de toi. Le regard que tu portes sur les autres, c’est souvent le même que celui que tu portes sur toi‑même.
C’est pour ça que, pour moi, tout ça est naturel.
C’est aussi dans la nature des femmes, disons‑le. Même les femmes qui ont fait de grandes études, qui ont cinq diplômes, au final, ce sont encore elles qui font bouillir la marmite.
Ma force, elle vient de moi‑même.
Qu’est‑ce que je pourrais dire d’autre ? Vous me voyez comme ça, mais moi, je ne me vois pas comme ça.
Comment est‑ce que je me vois ? Comme une battante. Comme quelqu’un qui peut faire n’importe quel travail. Peu importe lequel.
Ce qui compte, c’est d’être courageuse et d’avancer au quotidien. Parce que la vie, c’est un combat. Toute la vie est un combat.
Il y a toujours quelque chose à faire. Tu dois toujours te battre. Tu n’as pas vraiment le choix. Il faut manger, travailler, faire en sorte que ta famille soit sur le bon chemin, t’occuper de ton enfant, finir ci, finir ça…
Et personne ne sait jamais ce que tu traverses vraiment : tes difficultés, tes angoisses. Personne ne sait si tu es de bonne humeur, si tu as des soucis, si tu as la force ou non de faire ce qu’on attend de toi.
Je m’appelle Ivana Zdravković, j’ai 41 ans. Je travaille comme conductrice de poids lourds à la mine de cuivre de Majdanpek, qui appartient à Zijin Copper Bor. Je suis fière de moi, car je me bats comme un homme pour ma famille. Le plus grand bonheur de ma vie est arrivé au moment où je suis devenue mère. Et le plus grand défi, j’attends de voir.

"Alors moi aussi, j’ai accepté des boulots plus durs, plus difficiles. Pour mon fils, bien sûr, mais aussi comme un message de soutien à toutes les femmes : pour qu’elles ne se disent pas qu’il y a des choses qu’elles ne peuvent pas faire."


"C’est aussi dans la nature des femmes, disons‑le. Même les femmes qui ont fait de grandes études, qui ont cinq diplômes, au final, ce sont encore elles qui font bouillir la marmite. Ma force, elle vient de moi‑même."

"Comment est‑ce que je me vois ? Comme une battante. Comme quelqu’un qui peut faire n’importe quel travail. Peu importe lequel."


"Tu dois toujours te battre. Tu n’as pas vraiment le choix. Il faut manger, travailler, faire en sorte que ta famille soit sur le bon chemin, t’occuper de ton enfant, finir ci, finir ça… Et personne ne sait jamais ce que tu traverses vraiment : tes difficultés, tes angoisses. Personne ne sait si tu es de bonne humeur, si tu as des soucis, si tu as la force ou non de faire ce qu’on attend de toi."

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