À propos

Cette exposition est née du besoin d’écouter les femmes des Balkans, de gratter derrière les stéréotypes que le reste de l’Europe plaque sur leurs vies, de déconstruire les clichés et de partir à la recherche de leurs réalités.

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Mais leurs vies sont tellement plus vastes. Leurs joies plus brillantes, leurs rires ont aussi le droit de résonner.

Plutôt que d’écrire, décrire à leur place leurs luttes et leurs bonheurs, nous avons voulu écouter neuf d’entre elles, devenues pour nous des icônes, preuves vivantes de la force qui porte les femmes de cette région.

De Tirana à Banja Luka, d’une mine à un atelier, les histoires ordinaires de ces femmes extraordinaires racontent une région dans ce qu’elle a de plus intime.

Au fil de leur récit s’est mise à résonner de plus en plus fort la fierté d’être femme. Une fierté optimiste, lumineuse. Façonnée, entre autres, dans la lutte contre un patriarcat qui a voulu les faire taire, les empêcher de jouer au foot, les renvoyer à la cuisine ou à la maternité, a ri de leurs compétences.

Un patriarcat qui a pourtant dû leur concéder des droits- le droit de vote (1946, 1947), de disposer de leur corps (1974, Yougoslavie), de travailler. Dans ces libertés, elles ont pris une place — que, par endroits, on veut leur retirer.

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Leurs frères, leurs maris, leurs pays ; les touristes, celles et ceux qui ont trouvé leurs jupes trop courtes, leurs cils trop longs pour être féministes ; celles et ceux qui ont vus leurs sourires trop rares ou leurs vêtements trop rêches pour être capables de joie… le jugement est partout. Il a pesé sur leurs vies ; elles l’ont dépassé, extraordinairement fortes.

Dans cette exposition, elles montrent leur monde : leur atelier, leur garage, leur cave. Elles posent en (se) jouant de cette idée de ce que doit être une femme. Comme une peau dont on nous aurait enveloppées ; une peau qui gratte, qui n’est pas à la bonne taille, et dont on ne peut s’extraire qu’au prix de nombreuses contorsions.

De la liberté à l’apparence, de la maternité à l’économie, leurs voix se mêlent pour dessiner ce que veut dire être une femme dans les Balkans — et au-delà.

En 2026, donner la parole à cinquante pour cent de l’humanité reste un acte politique. Nous espérons sincèrement que leurs récits seront entendus.

Remerciements

Mina Pekakovic

Rusmir Smajilhodzic

Briseida Mema

Ogjnen Zoric

Sanja Burg

Suzana Stojicic

Nenad Brankovic